Hausse de la production

Selon les calculs de Reuters, l’OPEP+ a finalement opté pour la poursuite de son programme d’augmentation de la production pétrolière, longtemps différée, en intégrant près de 138 000 barils par jour à ses prévisions de production à partir d’avril. C’est la première hausse de la production de l’OPEP depuis 2022, représentant une avancée mesurée vers la suppression des 2,2 millions de barils quotidiens de réduction que le cartel a maintenus comme un bouclier de sécurité.
Dans les transactions de l’après-midi, les prix du pétrole étaient fortement dans le négatif.

Cette décision est prise à un moment où le président américain Donald Trump insiste une fois de plus pour une réduction des prix du pétrole, exerçant des pressions sur l’Arabie saoudite et ses partenaires pour qu’ils augmentent leur production. Avec le prix du pétrole brut qui tourne autour de 71 dollars le baril et une combinaison d’incertitudes géopolitiques et économiques en balance (telles que les sanctions américaines contre la Russie, l’Iran et le Venezuela, ainsi qu’une guerre commerciale mondiale prévue), l’OPEP+ a dû prendre cette décision dans une situation peu enviable.
D’après Amena Bakr, une membre de l’OPEP, le plan de production envisage d’éliminer graduellement les baisses de 2,2 millions de barils par jour entre avril et septembre 2026.
« Cette hausse graduelle pourrait être stoppée ou renversée en fonction des circonstances du marché », a affirmé l’OPEP+ en utilisant son jargon professionnel pour signifier « nous observerons comment cela évolue ». Le collectif maintient sa prévision de diminuer la production de 5,85 millions de barils par jour, soit environ 5,7 % de l’approvisionnement mondial, une mesure progressivement mise en place depuis 2022 afin de stabiliser les prix.

Toutefois, alors que Le Président Trump pourrait envisager de supprimer complètement les exportations iraniennes tout en évoquant la perspective d’un traité de paix entre l’Ukraine et la Russie (qui pourrait débloquer davantage de pétrole russe), le marché pétrolier s’adonne à un jeu de spéculations à haute tension La dynamique interne de l’OPEP+ serait quelque peu tendue. L’Arabie saoudite, connue pour son approche prudente en tant que stabilisateur de marché, aurait annoncé la semaine dernière qu’elle ne souhaitait pas précipiter l’augmentation de la production. En revanche, les Émirats arabes unis sont impatients de booster leur production et ont même envisagé de se retirer entièrement du cartel. Avec une demande en baisse en Chine, il est possible que la hausse annoncée aujourd’hui soit davantage un essai qu’une modification de politique.


En synthèse , L’OPEP+ envisage de revenir à la production, cependant sa décision de tirer un boulet de canon est conditionnée par la réponse du marché – et par le Gouvernement Américain actuel .